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Etonnante fiabilité
[ 19/10/07 ]
Immortelles nos automobiles ? Une chose est sûre, les casses moteur se font de plus en plus rares et certains constructeurs n'hésitent plus à garantir leurs modèles plusieurs années !
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| Recherche de qualité et contrôles sur les chaînes de montage ont accru la fiabilité des automobiles. Ici, carrrosserie, moteur et amortisseur Jaguar. |
Sept ans. Sept ans sans se soucier des pannes, usures anormales ou vices cachés. C'est la promesse faite par Kia - un constructeur coréen ! - à tout acheteur de sa nouvelle Cee'd, « sa VW Golf » pour les néophytes. Dans le même esprit : Fiat offre 500.000 kilomètres de tranquillité à tout amoureux de sa Nuova 500 passant par un financement maison. Voilà de quoi combattre les idées reçues sur la fragilité des productions nées au pays du Matin-Calme ou de l'autre côté des Alpes. Mais faut-il tant de cran que cela pour tripler la durée de la « garantie constructeur » qui, habituellement, excède rarement deux ans (le minimum légal), trois ans étant exceptionnels (Toyota, Nissan, Jaguar, la nouvelle Laguna) ?
D'abord, Kia limite sa générosité à sept ans et/ou 150.000 kilomètres (s'ils sont atteints avant sept ans, la garantie s'arrête). Et puis, la garantie porte sur des incidents inhabituels. En sont donc exclus l'entretien courant comme l'huile de vidange et les pièces d'usure traditionnelles (pneus, freins, filtres, etc.).
Cette surenchère révèle surtout que les automobiles du troisième millénaire sont devenues globalement beaucoup plus fiables que leurs ancêtres du siècle dernier, bugs électroniques mis à part. Clamer au grand jour « des années de tranquillité revient donc à officialiser une situation de fait sous forme de coup de pub », avouent les professionnels.
Le travail des ingénieurs
C'est le cas de Bertrand Lamart, concessionnaire Peugeot : « Dans les années 1980, bon nombre de particuliers changeaient leur modèles achetés neufs avant 50.000 kilomètres. Certains modèles fatiguaient vite. Mais aujourd'hui, cela n'a plus de sens. Nous avons des clients qui totalisent 150.000 kilomètres en trois ans sans effrayer personne sur le marché de l'occasion. Et nous entretenons des taxis qui vont atteindre 400.000 kilomètres en moins de cinq ans ! » Le « Livre Guiness des records » a enregistré récemment une Mercedes 280 de 1973 à 1.649.353 kilomètres !
Il faut ici saluer le travail des ingénieurs, explique Richard Verglas, consultant associé chez Say Partners, cabinet de conseil en stratégie et opérations auprès des industriels : « Toutes marques confondues, la multiplicité des tests de validation, la recherche de la qualité quels que soient les domaines, ainsi que les contrôles incessants sur la chaîne de montage ont considérablement accru la fiabilité des automobiles. »
Résultat : la casse moteur dès les premiers milliers de kilomètres est devenue rarissime ; quant à la barre des 200.000 kilomètres, sans autre contrainte que l'entretien courant, elle est désormais à la portée de n'importe quelle citadine contemporaine. Et ce n'est qu'un début : « Les contraintes environnementales imposent des consommations de plus en plus basses qui imposent elles-mêmes des recherches de plus en plus poussées. Les motoristes ne sont pas encore au bout du développement des moteurs traditionnels, notamment ceux tournant au Super. Quant aux moteurs électriques des modèles hybrides, qui vont se généraliser dans les deux ans qui viennent, ils sont quasi increvables. »
Fini le passage au garage ? Malheureusement non... Même si les révisions se font de plus en plus rares (sur une VW Golf TSI, la vidange est prévue tous les 30.000 kilomètres et la révision tous les... 60.000 kilomètres ou maximum quatre ans), leur coût augmente. « Avec une première révision à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres, il faut en effet s'attendre à des vérifications plus nombreuses ainsi que des changements de pneumatiques, des plaquettes, parfois même des disques de frein (pièces hors garanties car relevant de l'usure normale). Des interventions auxquelles on n'échappe pas puisqu'elles sont à la fois imposées par le constructeur et la sécurité. Un peu comme pour un Airbus ou un Boeing », prévient un chef d'atelier Citroën. En effet, la garantie ne jouera pas si les révisions n'ont pas été faites comme prévu chez le conces- sionnaire.
Du coup, il n'est plus rare de voir des factures atteindre 1.000 euros. Un de nos lecteurs nous signale une addition de 1.500 euros pour franchir le cap des 100.000 kilomètres sur sa Mercedes, dont les roulements donnaient des signes de fatigue. Un autre dit avoir renoncé à franchir le cap de 300.000 kilomètres au volant de son Audi A4 de six ans : « Le carnet d'entretien prévoyait un coût de révision proche de la valeur de l'auto sur le marché de l'occasion. Je l'ai laissée au concessionnaire comme apport pour en acheter une neuve. »
Pour pallier ces surcoûts, on peut opter pour des contrats d'entretien facturés en supplément au moment de l'achat. Comptez, par exemple, 2.390 euros pour rouler pendant trente-six mois et/ou 100.000 kilomètres avec une Renault Twingo II sans plus débourser un sou durant son utilisation (sinon le carburant) ; le contrat d'entretien Renault comprend en effet la prise en charge de l'ensemble des opérations d'entretien prévues par le constructeur, une extension de garantie, l'assistance dépannage 24 heures/24, le contrôle technique (si nécessaire) et, évidemment, la gratuité de la main-d'oeuvre, des lubrifiants et pièces de rechange (pneus, etc.).
CÉDRIC FRÉOUR
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