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« So chic », le Mini Clubman

[ 16/11/07  ]

Il a cinq portières, brille de tous ses chromes, luit comme un night-club la nuit, se conduit comme un kart... il est même écologiquement correct. Le Break Mini II est le comble du chic et choc. Etes-vous prêt à en payer le prix ?

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D'aucuns se souviennent peut-être du break Mini. A l'époque, dans les années 1960, il s'appelait « Countryman », se parait de baguettes de bois pour faire rustique, mais en dehors de quelques livreurs de lait de Sa Gracieuse Majesté, la voiture fit surtout fureur du côté de Kensington et Buckingham Palace ; des Beatles à Peter Sellers, on s'arrachait en effet cette Mini « so chic » dont le seul défaut était sa production limitée... Eh bien la philosophie du Clubman est presque semblable. Sauf qu'ici, plus question de demeurer confidentiel. Pas moins de 4.000 exemplaires (contre 10.000 Mini « traditionnelles ») du Break Mini II sont attendus en France dès l'année prochaine et pas loin de 100.000 dans le monde, « pour commencer » ! Les réservations qui iraient déjà bon train semblent confirmer l'optimisme du constructeur.

Ce serait donc une nouvelle mode à laquelle on adhère sans barguigner. D'abord parce que, côté style, le Mini Clubman - c'est le petit nom du phénomène - a mis le paquet. Le détail qui dit tout ? Les portières ! Ici, y en a désormais cinq. Mais pas question de ressembler à tout le monde. Sur le Clubman, il n'y en a qu'une seule côté conducteur, deux côté passager et deux pour le hayon !

Attention au dos

Cerise sur le gâteau, les deux paires de portières s'ouvrent à l'opposé l'une de l'autre, comme celle d'un saloon. Dans le jargon des designers, on parle de portes « antagonistes ». Un procédé nostalgique (cette technique existait déjà pour l'ouverture du coffre du Countryman) et incroyablement contemporain à la fois, en particulier pour la troisième portière latérale intégrée si délicatement à la ligne. D'ailleurs, une fois fermée, il faut des yeux de lynx pour la repérer. En revanche, une fois ouverte, c'est Byzance pour rejoindre les places arrière ; fini les contorsions imposées par le modèle traditionnel.

Et puis, cela n'a l'air de rien, mais il y a enfin un peu de place pour les jambes des passagers ; ceux qui ne connaissent que la banquette arrière des Mini « classiques » comprendront. Même bonheur pour la conduite : on ne pilote plus une automobile, mais un kart qui dévale les ruelles tout aussi prestement que les nationales. Et on se réjouit d'un décor qui assume des guirlandes de chromes (inénarrable compteur de vitesse !), en en rajoutant dans la « branchitude », avec un éclairage intérieur de nuit capable de varier du bleuté au mauve en passant par l'orangé... Un vrai night-club roulant !

Question civisme, le Clubman est un enfant des accords de Kyoto. Comme nous, il craint la fonte de la banquise et celle des neiges éternelles du Kilimandjaro. Résultat, sous le capot, il chasse le CO2 avec tant de dextérité que son diesel de 110 ch rejette seulement 109 g de dioxyde de carbone par kilomètre ; à quelques grammes près, c'est le score d'une Toyota Prius (de même puissance) ayant besoin de son moteur électrique pour signer la performance. Et n'allez pas croire que la mécanique manque d'entrain. Dix secondes et des poussières suffisent pour attraper les 100 km/h. On n'insistera pas sur la vitesse maximale (193 km/h)... Mais on soulignera le prix du plein, 50 euros à tout casser, et les 900 kilomètres d'autonomie, qui réjouiront tous ceux qui passent leur temps sur l'autoroute.

Evidemment, il s'agit de la version Clubman Diesel. Au catalogue, on trouve également deux mécaniques essence de 120 (Cooper) et 175 ch (Cooper S). A recommander aux amoureux de sensations fortes (de 0 à 100 km/h en moins de 8 secondes à bord de la S) et à ceux ayant un dos en excellent état. La rudesse des suspensions n'a pas pris une ride en cinquante ans sur ces versions sportives ! C'est dans le fond la seule chose qui gêne, notamment sur long trajet. Car, pour le reste, lui reprocher un habitacle exigu et un coffre où il faut encore compter les bagages n'a pas réellement de sens ; reproche-t-on à un studio d'être dépourvu de salles à manger et de chambres à coucher ?

Bref, la Clubman est à prendre comme une vraie Mini, chic, un poil plus logeable et toujours aussi mode. Une valeur sûre au prix d'une valeur chère. En clair, n'espérez pas prendre son volant à moins de 21.300 euros (Cooper essence), sans compter les options « indispensables » : cuir, grand toit ouvrant et tout le toutim (GPS, hi-fi...).

CÉDRIC FRÉOUR

Le Mini Clubman D en chiffres
Moteur : Diesel, 4 cyl., 1.560 cm3, 110 ch, boîte manuelle à 6 rapports - automatique en option (6 rapports).
Dimensions (L ; l et h en m) : 3,94 ; 1,68 et 1,42.
Poids (kg) : 1.675.
Performances : de 0 à 100 km/h en 10,4 secondes.
Consommation (l/100 km en cycle mixte) : 4,1.
Rejets de CO2 (en g/km) : 109.
Prix : 23.000 euros.
 
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