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Belles américaines au rabais
[ 18/01/08 ]
A l'occasion du salon de Detroit, notre chroniqueur automobile s'est intéressé aux carosseries américaines. La parité euro-dollar permet en effet de gagner plusieurs milliers d'euros. A condition de savoir précisément ce que l'on achète...
Une limousine ou un 4×4 de luxe pour le prix d'une banale berline familiale ? C'est possible... A condition d'opter pour une Jeep, Cadillac ou Chevrolet. Portées par une parité euro/dollar favorable aux exportations américaines, les automobiles de l'Oncle Sam dopent en effet notre pouvoir d'achat comme en rêve le gouvernement. Résultat, une sculpturale limousine Chrysler 300C - dont le glamour n'a rien à envier à une Maserati Quattroporte ! - s'offre à vous pour la modique somme de 39.900 euros. Le prix d'une « simple » Audi A4 (2.7 V6 TDI) familiale à laquelle il faudra ajouter le cuir et le GPS... fournis d'office sur la Chrysler. Et n'allez pas croire que, côté mécanique, c'est la Berezina. Sous le capot de la belle américaine sommeille un 6 cylindres Diesel de 218 ch signé Mercedes, dont les chauffeurs de taxi parisiens ont fait un de leur « hit » de l'année 2007.
Léger flou au volant
Une démonstration que l'on répétera à l'envi avec la très chic Cadillac CTS (à partir de 35.675 euros - comptez 20.000 euros de plus pour l'équivalent chez Mercedes), les sémillants 4×4 Jeep Compass ou Dodge Nitro (tous les deux proposés autour de 25.000 euros - comptez 10.000 euros de plus pour l'équivalent chez Citroën). Même la célèbre Corvette, à 65.850 euros, bat largement la Porsche 911, qui se vend à 80.000 euros au minimum.
De quoi faire réfléchir. Sans pour autant s'emballer. D'abord parce que l'aubaine financière ne vaut que pour les modèles fabriqués aux Etats-Unis. Ainsi et par exemple échappent à la liste les Ford et les Cadillac BLS (soeurs jumelles des Saab 9.3), spécialement conçues pour le Vieux Continent, dont les tarifs, certes avantageux, ne sont pas pour autant du domaine du discount. Gardez également à l'esprit que, malgré les efforts des ingénieurs américains pour soigner leurs modèles, la finition d'une automobile assemblée au Nouveau Monde n'obéit pas aux mêmes critères que ceux qui prévalent dans les usines européennes. Plastiques qui se rayent d'un coup d'ongle, assemblage du mobilier au petit bonheur la chance et/ou aspect parfois « cheap » des boutons de commandes sont courants, y compris chez Cadillac.
Réserve identique pour le comportement routier. Même si les mouvements amples et désordonnés des carrosseries américaines de jadis ont laissé la place à un amortissement plus rigoureux, derrière le volant une impression de flou persiste toujours un peu, en particulier à bord des 4×4. Un phénomène naturellement lié à la culture américaine et qui n'entame en rien la sécurité intrinsèque des modèles. Toutefois les amoureux de trajectoires léchées et de freinage au millimètre en seront généralement pour leurs frais. Seules exceptions notables : Chrysler 300C, Cadillac BLS et CTS.
Enfin et surtout, les voitures américaines aux tarifs véritablement alléchants n'offrent pas toutes une motorisation Diesel comme les Chevrolet, les Chrysler ou les Jeep. Avec un moteur à essence, en particulier avec les sublimes Cadillac CTS et SRX qui sont, avec leur présentation luxueuse, de redoutables concurrentes des BMW Série 5 et autres BMW X5 (15.000 euros d'économies garanties, à modèles équivalents), il faut alors composer avec des pleins de carburant pouvant dépasser les 100 euros, une autonomie qui effraie jusqu'aux journalistes automobiles américains eux-mêmes (n'espérez pas dépasser 400 kilomètres au volant du SRX !) et des rejets de CO2 qui frisent la correctionnelle. Quant à la revente... Bon courage.
Bref, si l'exotisme d'une carrosserie américaine vous titille malgré tout, optez pour des modèles ayant fait leur preuve. A nos yeux, la Chrysler 300C (« restylée » pour l'année 2008), la Jeep Compass et, à un degré moindre, la Dodge Nitro (plus pour sa « gueule » et son prix que son comportement routier) font figure de favorites.
CÉDRIC FRÉOUR
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