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Diesel ou essence ?

[ 30/05/08  ]

Les dépenses à la station-service ne cessent d'augmenter. Comment les limiter ? Peut-être en abandonnant le diesel pour miser sur l'essence ou le tout-électrique ! Revue de détail.

Un baril de brut qui s'envole et des pleins qui deviennent un luxe, y compris en... diesel. Comment faire des économies ? Pas simple. De nombreux automobilistes n'ont pas attendu ces dernières hausses pour réduire leurs déplacements motorisés en ville. Quant aux « gros rouleurs » (plus de 30.000 kilomètres par an), eux aussi ont depuis belle lurette adopté une conduite relaxe : « Les radars ont aidé, témoignent les automobiles-clubs, mais la tendance est clairement à l'économie de carburant. » Certaines sociétés allant même jusqu'à donner des consignes de restriction de vitesse : « 115 km/h sur autoroute ; pour gagner en autonomie et en coût de carburant », confie ainsi un commercial en informatique.

Même le diesel a perdu sa place de valeur refuge. « En France, son prix discount à la pompe et sa consommation réduite lui ont toujours valu la préférence des automobilistes », commente Dominique Allain, General Manager d'Eurotaxxglass, société spécialisée dans l'analyse du marché automobile. « Mais avec un tarif désormais équivalent à celui de l'essence, cette analyse est sérieusement remise en cause. D'autant que l'achat d'un véhicule diesel est plus onéreux que celui du modèle identique fonctionnant à l'essence (de 1.000 à 4.000 euros selon les modèles) ; la durée d'amortissement va donc augmenter (passer de 20.000 à 40.000 kilomètres en moyenne). Personnellement, si la situation perdure ou empire, je conseille l'achat d'un véhicule... essence. »

Une première. Il faut dire qu'en termes de consommation les modèles essence ont fait de beaux progrès. Il ne faut plus compter que 1,5 litre de plus aux 100 kilomètres (en cycle mixte) pour les meilleurs moteurs essence à puissance équivalente. Dans le lot, on distingue notamment la Smart Essence 1.0mhd chez les citadines (4,3 l/100 km - contre 3,3 l/100 km pour le modèle diesel), la célèbre Toyota Prius hybride chez les compactes (4,3 l/100 km contre 5 l pour la Toyota Auris 90D Diesel) ou, encore, l'Audi A6 2.8FSI dans le clan des grandes berlines (8,8 l/100 km contre 8,3 l pour le modèle 3.0TDI Diesel). Dans tous les cas, retenez comme repère qu'une petite automobile essence d'aujourd'hui doit se tenir proche des 5 litres de moyenne, et une grande sous les 9 litres.

La tentation bio

Engouement identique pour l'essence de la part de Jean-Luc Moreau, rédacteur en chef d'« Auto-Bio » et animateur de « Votre Auto » sur RMC : « On oublie trop souvent que les coûts d'entretien d'une mécanique à essence sont 2 fois inférieurs à celui d'une mécanique Diesel. En outre, le risque d'une revente bradée d'un véhicule diesel acheté aujourd'hui n'est plus à exclure. Au train où vont les choses, qui peut raisonnablement dire qu'il y aura encore des amoureux du diesel dans deux, trois ou quatre ans ? » D'ailleurs PSA - plus gros producteur de moteurs Diesel au monde - vient d'annoncer qu'il se lançait dans le petit moteur essence produit à l'usine de Trémery en Moselle. Un tournant significatif.

De quoi donner aussi un coup de fouet aux « carburants bio » (E85) malgré toutes les polémiques sur leur responsabilité dans la crise alimentaire mondiale. Avec un plein facturé 0,80 euro le litre, l'éthanol se montre évidemment très intéressant ! A condition d'opter pour un véhicule capable de recevoir ce carburant. Une bonne affaire puisque ces modèles sont vendus généralement 1.000 euros de moins que le modèle diesel concurrent. Toutefois, le choix est restreint chez les constructeurs français (une Renault Clio et une Mégane !), un peu moins chez Ford (Focus, CMax), Volvo (C30, V50, V70, etc.) ou encore Saab. Reste aussi le malus dont ces modèles sont souvent gratifiés. Une incongruité française. Le calcul des rejets de CO2 s'effectue non pas sur l'usage de l'éthanol mais sur celui de l'essence que ces autos peuvent aussi recevoir... Qu'importe. Pour faire des économies et prendre soin de notre environnement, il n'y a pas mieux à court terme. Il faut dire qu'en dehors de l'Hexagone et de quelques Etats européens, l'interdiction du diesel pour les véhicules particuliers (dont les taux de particules fines, de monoxyde de carbone et de dioxyde d'azote sont jugés dangereux pour la santé) est souvent la règle ailleurs - aux Etats-Unis et au Japon notamment.

Un message qui pourrait également pousser au développement de voitures électriques. Au prochain Mondial de l'auto, on devrait annoncer la naissance de merveilles de ce genre (en particulier, la Bolloré Electrique signée Pininfarina !) permettant de circuler à l'électricité durant la journée (150 kilomètres d'autonomie) puis de recharger les batteries le soir sur une simple prise. Elles pourraient trouver leur public. D'autant qu'on parle d'un lancement sur la base d'une location mensuelle à prix attractif, entretien compris. La meilleure affaire ? A suivre en septembre...

CÉDRIC FRÉOUR
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