Avec Colin Farrell, Brendan
Gleeson, Ralph Fiennes, Jérémie Renier. 1 h 41.
Les dramaturges irlandais ont un humour imparable et Jonathan Swift (1667-1745) est leur maître. Martin McDonagh est de la famille et on lui pardonnera son enfance outre-mer, à Londres. « Bons Baisers de Bruges », son deuxième long-métrage, est un thriller baignant dans le « non-sense », un cocktail rare dans un genre fleurant parfois le sérieux barbant. A l'origine de cette réussite, une bonne idée de départ. Deux gangsters, un vieux de la vieille et un jeunot maladroit, Ray (Colin Farrell) et Ken (Brendan Gleeson) doivent se mettre au vert après une bavure. Leur « boss », véritable machine à jurons, a choisi pour eux Bruges, son architecture médiévale, ses peintres primitifs, ses canaux, ses frites et ses bières. Il adore. Ken, lui, se fait une raison, il joue le touriste attentif. Ray déteste et ronge son frein.
Mi-comique, mi-tragique
Dans leurs pérégrinations - on a vite fait le tour de la Venise du Nord -, ils tombent sur un tournage. Ils fréquentent l'un des acteurs, un nain américain vêtu d'un uniforme d'écolier anglais, « accro » aux psychotropes et raciste violent. Ils croisent aussi une charmante jeune femme, Chloë, dealer de drogue, ex-petite amie d'un skinhead rancunier. Tout ce petit monde mène un joli ballet dans une ambiance mi-comique, mi-tragique. Le film risque même de piétiner. Heureusement, lorsqu'un des tueurs apprend qu'il doit tuer l'autre et que le « boss » en personne, interprété par le remarquable Ralph Fiennes - ici à bout de nerfs -, décide de venir en personne à Bruges, « Bons baisers... » retrouve un rythme de bon aloi. Le comique vire au sur, au tragique même. Et « Bons Baisers... », ses acteurs méritants, son beffroi, ses Belges, mérite haut les mains le qualificatif convenu de « bonne surprise de ce début d'été ».

















