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Le mystère des tribunes vides

[ 20/08/08  ]

Le comité d'organisation des jeux Olympiques de Pékin nous l'a assez rabâché avant le début de la compétition : il serait le seul, dans les 112 ans de l'histoire moderne des Jeux d'été, à avoir réussi à écouler l'ensemble des tickets des 17 jours de compétitions. Une semaine avant le début des épreuves, des Pékinois s'étaient presque battus pour mettre la main sur les derniers exemplaires des 6,8 millions de billets distribués. Les stades, les gymnases et autres arènes devaient donc être bondés d'une foule en délire. Et, pourtant, ils restent souvent à moitié vides. Si le « nid d'oiseau », réservé à l'athlétisme, affiche presque complet depuis samedi, les enceintes qui accueillent le handball, le volley ou le hockey peinent à faire le demi-plein. Cherchant à élucider ce mystère des tribunes dépeuplées, les journalistes occidentaux enquêtent. « C'est probablement à cause de la météo », nous a expliqué sans ciller Wang Wei, le vice-président du comité d'organisation. Un problème de chaleur ou d'humidité. Il fait pourtant beau et bon depuis trois jours sur la ville. Les sponsors seraient également fautifs. Ayant obtenu, en échange de leurs « généreuses » participations financières, des milliers de tickets, ils n'auraient pas réussi à attirer assez de clients ou de VIP en ville. La « campagne anti-chinoise » des médias étrangers aurait découragé à la dernière minute beaucoup de voyageurs, nous assure-t-on. Pékin ne parle pas du récent durcissement des conditions de délivrance de visas aux étrangers tentés par un séjour en Chine. Ça n'a, bien entendu, rien à voir. Si les sièges vides peinent les athlètes et agacent tous les spectateurs chinois frustrés de n'avoir pu mettre la main sur des tickets, ils auront fait le bonheur de milliers de figurants. Depuis quelques jours, les autorités, soucieuses de ne pas perdre la face, remplissent les salles de papys et mamies des quartiers avoisinants, de collégiens et de supporters des clubs de foot de la ville. Tant pis, s'ils ne comprennent rien aux règles du handball.

YANN ROUSSEAU (À PÉKIN)
 
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