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Erreur d'arbitrage

[ 21/08/08  ]

Pauvres handballeuses françaises : le quart de finale perdu contre la Russie (32 à 31 après deux prolongations) ne sera pas rejoué. La réclamation déposée par la Fédération française contestant des décisions prises par les deux arbitres chinoises, Fengjuan Liu et Shuyong Liu, a été rejetée par les instances internationales. L'entraîneur de l'équipe de France féminine, Olivier Krumbholz, ne décolère pas : « Comment donc, à ce niveau de compétition, la Fédération internationale peut-elle désigner des arbitres aussi faibles ? » Le sourire des deux Chinoises à la fin de la partie n'était pas sans nous rappeler l'attitude de certains arbitres de rugby d'outre-Manche, dans les années 1960-1970, avant l'ère du professionnalisme. « Sorry », avaient-ils coutume de dire en souriant à nos Bleus, « je comprends votre incompréhension, mais il y a coup franc face au poteau, contre vous... ». Et le XV de France regagnait le continent avec une nouvelle défaite en poche, pestant contre des décisions d'arbitrage suspectes. D'où la fameuse formule de « l'arbitrage à la maison » qui garantit - de nos jours encore - un certain avantage à l'équipe qui « reçoit », quelle que soit la discipline sportive. Les abus sont parfois trop difficiles à dissimuler et certaines fédérations ont décidé d'y mettre le holà. En escrime par exemple, quatre ans après les controverses des JO d'Athènes, l'introduction de l'arbitrage-vidéo a fait l'unanimité à Pékin. « Les arbitres se sentent confortés et plus tranquilles. C'est un confort pour l'arbitre et les athlètes », souligne René Roch, le président de la Fédération internationale d'escrime. En rugby, la vidéo a été mise en place depuis quelques saisons et fait aussi l'unanimité, comme on a pu le voir tout l'été, lors des matchs très disputés du Tri-Nations (opposant l'Australie, l'Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande), retransmis par le groupe Canal+ tous les samedis. Reste le football. Sport roi, où les milliards d'euros valsent, les dirigeants internationaux du ballon rond, le Suisse Sepp Blatter, président de la Fédération internationale (Fifa), et le Français Michel Platini, président de l'UEFA, en tête, ne veulent pas entendre parler de l'installation d'un tel système sur les terrains de foot. Du coup, les litiges se multiplient, amplifiés par les ralentis des retransmissions télévisuelles. Grotesque. Et les scandales d'arbitrage n'épargnent aucun terrain de la planète. La Fédération et la Ligue françaises tentent bien de faire bouger les choses. Pas facile. Prudemment, les dirigeants français ont tout de même mis en place cette saison une « commission de visionnage » qui recherchera les « éléments délictueux » que l'arbitre n'aurait pas vu, en termes de violence, racisme, antijeu. Une timide avancée.

ALAIN ECHEGUT
 
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