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Une finale française
[ 25/08/08 ]
Il y a eu des pleurs. Le public, quelques jeunes femmes journalistes et enfin les joueurs. L'équipe de France de handball a ému en emportant, hier, contre l'Islande l'une des dernières médailles d'or des Jeux de Pékin dans un contexte exceptionnel. Noyés depuis le début de la compétition dans la masse des spectateurs chinois, les supporters français se sont retrouvés, hier, en nombre, pour s'approprier, pour la première fois, l'un des principaux stades de la capitale. Concentrés jusqu'alors sur leur propre destin, les athlètes de la délégation française avaient quitté le village olympique pour venir encourager les derniers champions français en lice. On croisait dans les travées les frères Guénot, médaillés en lutte gréco-romaine, le marcheur malheureux Yohann Diniz mais aussi Amaury Leveaux, le vice-champion olympique du 50 m nage libre, et Khedafi Djelkhir, tout juste descendu du ring. Massés dans la tribune d'angle, avec le public composé d'expatriés français et de supporters venus de l'Hexagone, ils ont enflammé la salle de leurs chants et réveillé un public chinois apparemment toujours aussi décontenancé par les règles du handball et l'enthousiasme de ces « drôles » d'étrangers. S'ils se sont initiés, à l'occasion des Jeux, aux bruyantes manifestations de soutien, les fans chinois se sont souvent limités pendant la quinzaine au célèbre « zhong quo jia you » (un équivalent de « Allez la Chine ») et ont étudié avec attention la variété du répertoire de certaines nations. Des premières adaptations de « Ce soir, on vous met le feu » aurait été entendues en mandarin. Face à cette énergie, la poignée d'Islandais venue soutenir les siens a eu du mal à se faire entendre. Tout comme son équipe.
YANN ROUSSEAU (À PÉKIN)
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